Mon shopping immobilier (1)

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Lorsqu’on habite Paris ou la proche banlieue et que l’on a des enfants, se loger est un peu comme jouer au Rubik’s cube. Quand j’ai trois faces homogènes, la quatrième est toute foireuse. En décrypté, soit je trouve l’appart de mes rêves (un loft prétentieux tellement blanc et vitré que j’ai mal aux yeux toute l’année) qui s’accommode à mon budget mais qui se trouve dans le quartier le plus délabré de la Terre, dans la ville la moins sexy du monde; soit je trouve le quartier idéal dans la ville idéale mais avec le budget qui est mien, je ne peux prétendre qu’à un grand placard.

Cette équation impossible agit comme du poil à gratter et personnellement, je m’agace depuis des années de ne pas pouvoir vivre où je veux parce que mon budget fait sourire les agents immobiliers.

La route est longue mais en attendant, voici comment il est possible d’avancer un peu plus vite que prévu.

Puisque vous avez suivi le roman feuilleton depuis le début il y a quelques jours, je m’épargne le traditionnel « previously on Zoé et les m2 ».

Installés à Versailles en plein quartier Saint Louis mais toujours locataires, les possibilités étaient réduites à 0 pour la suite. Enceinte de mon 3 ème enfant (la mauvaise influence versaillaise sans doute), il nous était impossible de louer plus grand. Acheter était donc devenu l’objectif principal. Là aussi, les possibilités étaient plutôt franchement restreintes dans le quartier car avec notre budget, même un 3 pièces relevait du défi. Mais le budget n’était pas la seule cause. Il y a des villes en Ile de France, comme Versailles ou Malakoff où le taux de rotation d’un appartement est absolument effrayant. Le taux de rotation c’est le temps qui passe entre le moment où un appartement sort sur le marché et le moment où il est revendu. Certains agent immobiliers racontent qu’à Versailles, sur le segment 3 ou 4 pièces, le taux de rotation dépasse les 20 ans. À partir de cette information, on peut imaginer la tension d’un marché dans lequel la demande est très forte et l’offre rare.

Pas vraiment motivés pour investir à Versailles car désireux de quitter cette ville au plus vite, c’est un peu par hasard que nous y avons finalement acheté notre première résidence principale. Une visite sur un coup de tête parce que l’espace très atypique offrait une immense pièce à vivre. Tout était à refaire, c’était un des appartement les plus moches que je n’avais jamais vu: du crépis partout, et même du crépis sculpté, un look marronnasse/troglodyte à vous faire faire des cauchemars, et surtout un vrai handicap: 1m65 de hauteur sous combles à l’étage (au plus haut). C’était un 3 pièces avec 45m2 en loi carrez mais 92m2 d’espace à vivre. Deux vrais espaces chambres à l’étage si l’on oublie qu’on est pas soi-même de petite taille, une vue sur un hôtel particulier, bref, voici les visuels:

  • Photo 1: Notez le joli bouquet de fleurs en crépis sculpté au dessus de la cheminée!
  • Photo 2: Une « chambre »
  • Photo 3: Une autre « chambre »
  • Photo 4: Un espace inutile qui peut servir à faire chuter les enfants dans l’escalier.
  • Photo 5: Notez la jolie corde qui sert de garde-corps à ce superbe escalier marron.
  • Photo 6: Une salle de bains dans les tons « suicide ».
  • Photo 7: Notez la jolie porte moyenâgeuse à droite cerclée d’un relief en crépis.

Ce n’est pas flagrant, mais ce fut le coup de foudre. Deux vielles biques venaient de visiter avant nous et selon l’agent immobilier (évidemment), elles étaient très intéressées. L’appartement avait déjà été mis en vente deux fois dans les 6 derniers mois et n’avait jamais dépassé le stade du compromis (un travail colossal de rassemblement des lots qui avait dissuadé deux acheteurs), bref, nous avons fait une offre dans les 5 minutes. Il n’y a rien de rationnel et donc aucun conseil à donner sur la raison qui nous a poussé à acheter cette horreur mais l’avenir nous aura finalement donné raison. Vu l’esthétique des lieux, il y avait des travaux conséquents à faire. Je ne reparle pas du budget serré mais il ne permettait pas de prendre un archi. Je me suis donc improvisée en tant que telle, aidée de l’entrepreneur que nous appelons désormais « notre » entrepreneur.

Je fais une brève parenthèse sur ce sujet. Si vous avez des travaux à entreprendre, par pitié, demandez autour de vous si quelqu’un n’a pas les contacts nécessaires. Faites le avant d’interroger Google et de décider de contacter Monsieur Truc, l’entrepreneur à qui @Cynthia3812 a mis cinq étoiles parce que je cite « il est trop top ». Vous ne connaissez pas personnellement @Cynthia3812 et il se peut fort bien que dans la vraie vie, vous ne puissiez pas l’encadrer. En conséquences, ce super entrepreneur qu’elle recommande chaudement (sans mauvais jeu de mots) sur internet est peut-être aussi insupportable que votre beau-frère Jean-Marc et que les six semaines de travaux qui s’annoncent vous vaccinent pour toujours d’en faire. En demandant autour de vous, vous aurez droit à un portrait précis du Monsieur en question et vous pourrez anticiper ses qualités, mais surtout ses défauts, et faire en sorte que tout se passe bien. 

Six semaines de travaux à lisser le crépis, refaire la cuisine, la salle de bain, planquer les poutres à l’étage et poser du parquet, poser une verrière, repeindre tout en blanc, créer des placards, une bibliothèque et un nouveau garde-corps. Du stress, des engueulades sur les poignées de porte, la verrière, les poignées de placards, mais des délais respectés!

Voici pour le chantiers:

 

Et pour le produit fini:

 

Un an plus tard, le désir de quitter Versailles était toujours bien présent, à la fois pour des raisons qui n’engagent que nous mais aussi parce que l’éloignement de mon lieu de travail me rendait aigrie. Les fameuses « 1h30 deux fois par jour c’est pas la mort » n’avaient que trop durées.

Parce que nous avions choisi de faire un prêt relai, nous avons commencé à chercher ailleurs, dans le sud de Paris, avec Montrouge pour cible. Je crois que peu de gens avaient autant confiance que nous dans le fait que nous revendrions notre appartement aussi bien. Après l’avoir habité seulement un an, nous avons récolté de quoi rembourser le prêt, les frais de notaire, et une petite plus-value qui n’est certes pas énorme mais qui nous a permis de nous reloger par la suite en première couronne. Nous y reviendrons prochainement!

2 commentaires sur “Mon shopping immobilier (1)

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